Nous avons demandé à Samir Elhajame de nous parler un peu de l’association, de ses activités, de ses objectifs et, aussi, des obstacles qu’elle rencontre.
Entretien.
Présentez-nous votre association, si vous voulez bien.
L’association « Club de Plongée et Sports Maritimes de Tanger » a été créée en 1991. En 2005, nous avons procédé à une mise à jour de ses statuts en fonction des activités et des objectifs, surtout. Nous avons 120 adhérents, entre étudiants, fonctionnaires, employés, dont douze enfants et adolescents âgés de moins de 18 ans.
Quels sont vos critères d’adhésion ?
L’association est ouverte à tous et à toutes. Les critères d’adhésion sont simples. Il suffit d’être un amoureux de la mer, de la plage, d’être en bonne santé et d’avoir une assez bonne condition physique, mais tout cela est suivi par un docteur en médecine. S’agissant des enfants, ils sont admis à partir de 14 ans et entre cet âge-là et 18 ans, ils doivent au préalable être autorisés par leurs parents ou leurs tuteurs.
On leur assure une formation théorique et on les accompagne dans des formations pratiques, suivant nos moyens et notre disponibilité.
Quelles sont vos activités ?
L’activité principale de l’association se concentre sur la pêche sous-marine.
En parallèle, nous avons d’autres activités à caractère social, notamment en ce qui concerne la protection de l’environnement où nous procédons par des campagnes de sensibilisation, auprès de nos adhérents et du grand public de manière générale.
S’agissant de la pêche, nous donnons des cours théoriques sur les techniques de pêche. Nous avons aussi dans le programme un cours de secourisme.
Pour revenir à l’environnement, nous incitons au respect du milieu marin et à sa protection ; nous insistons notamment sur la taille des futures prises, de leur nombre.
Parlez-nous un peu de l’opération PELIKAN II de cette année.
A l’occasion de la journée mondiale des océans, nous avons organisé une journée de nettoyage du fond marin de la baie de Tanger. Il s’agit de l’opération PELIKAN II, après celle de l’année dernière. Il s’agit de plonger, de ramasser diverses ordures jetées par des mains insouciantes (câbles, jantes, sachets en plastic, des boîtes métalliques et autres déchets nuisibles pour la flore, la faune et pour les nageurs également), les attacher au fur et à mesure à nos bouées et finalement les sortir pour les orienter vers la décharge publique.
Vous parvenez à tout ramasser ?
Impossible ! C’est humainement impossible ! Il y a trop des quantités considérables dont on dégage une partie, non négligeable, mais pour faire plus, il faut plus de temps et, surtout des moyens dont nous ne disposons pas.
Il va falloir, pas seulement à notre niveau, mais à d’autres aussi, organiser plus de campagne de sensibilisation au maintien de la propreté et à la protection de l’environnement. Peut-être aller plus loin encore en punissant le pollueur quand il récidive, quand la sensibilisation ne donne pas l’impact attendu.
Quels sont les obstacles rencontrés par votre association ?
L’obstacle principal reste le financement des activités, parce que ça demande un minimum. Nous n’avons d’autres sources de financement que les cotisations et, quand il le faut, nos propres poches aussi. L’année passée, lors de l’opération PELIKAN I, nous avons eu, exceptionnellement, un geste de la part de SIALIM et nous l’en remercions énormément. Cette année-ci, personne ne nous a épaulés dans PELIKAN II.
Et les autorités communales ou régionales ?
Nous recevons de l’aide sous forme de services administratifs. Ils nous facilitent l’exécution des activités et c’est tout. Jusqu’à présent, nous n’avons pas reçu d’aide financière.
Présentez-nous la prochaine manifestation sportive, si vous voulez bien.
Il s’agit d’une compétition de la pêche sous-marine à l’échelle régionale que nous organisons à l’occasion de la fête du trône. Parmi les participants, nous invitons également les membres espagnols, parmi nos adhérents. Je ne peux pas vous dire déjà où elle va se passer. Nous gardons l’emplacement en secret, sachant aussi que la météo a son mot à dire dans ce choix.
C’est une compétition qu’on organise chaque année ; une manière pour les adhérents de se retrouver tous en action, soit en participant directement à la pêche, soit en accompagnant, soit en encourageant. Il y a l’ambiance fête qui ne doit pas manquer à ce rendez-vous sportif.
Avez-vous quelque chose à ajouter ?
Oui. Pour donner l’information, au mois de Ramadan, nous avons dans notre programme des cours théoriques de la technique de pêche en plongée et des cours de secourisme en mer. Nous profitons de ce mois sacré pour créer des activités qui puissent rimer avec son ambiance spéciale et ses horaires.
J’aimerais aussi lancer trois appels si vous le permettez. Le premier sera aux gens de manière générale, leur rappelant qu’ils ont le devoir de maintenir propre le fond de la mer, et partout de manière générale, pour eux et pour les générations futures. Le deuxième appel est aux amoureux de la mer et aux amis de la faune et de la flore maritime, pour leur dire que l’association les invite à la rejoindre. Quant au troisième appel, je le lance aux gens qui savent ce que nous font, qui sont au courant, qui voient, pour leur demander d’aider, dans la mesure du possible, notamment quand il s’agit d’une opération du nettoyage du fond marin, en les remerciant. Nous avons été sollicités pour accomplir la même mission à Ksar Seghir. On ne peut pas dire non, mais on souhaiterait qu’une assistance nous arrive de quelque part.
Propos recueillis par M. Mrini